vendredi 24 juillet 2009

Semaine du 24 au 31 juillet : réponses des enseignants au questionnaire « La traduction au collège et au lycée »

Laëtitia (espagnol), Bazas :

1. Savez-vous ce que les programmes officiels recommandent en matière de traduction ?

Il ne me semble pas avoir vu quoi que ce soit dans les programmes concernant la traduction. En tout cas pour le collège, il n’en est pas question.

2. Quelle place accordez-vous à la version dans vos cours / séquences pédagogiques ?
Avec mes élèves de sixième qui sont en cours d’initiation, nous avons souvent recours à la traduction. Un texte ciblé sur un point de grammaire comporte toujours des notions qui n’ont pas encore été vues en classe. L’élève est donc amené à imaginer le sens du texte avec les éléments dont il dispose : la ressemblance entre espagnol et français, ainsi que les mots qu’il connaît déjà. L’exercice est particulièrement intéressant avec des débutants beaucoup plus soucieux du rendu en français que les élèves plus expérimentés qui traduisent littéralement. Ce qui intéresse l’élève c’est que le texte sonne bien en français. L’exercice individuel devient toujours collectif, et tourne au jeu des devinettes.
Pour les autres classes, la traduction du texte est plutôt liée à une difficulté.

3. Pourquoi ?
Pour les débutants, l’exercice permet de se rendre compte des similitudes et des différences qu’il existe entre les deux langues. Il permet de démystifier une nouvelle langue qui a souvent, au départ, tous les airs du bon vieux charabia.

4. Quel intérêt y voyez-vous ?
Je crois que la traduction est nécessaire à l’apprentissage d’une langue. Il ne s’agit évidemment pas d’en arriver à ce que les élèves pensent d’abord en français pour ensuite s’exprimer en espagnol. L’exercice amène les élèves à se rendre compte des problèmes que pose la traduction littérale. Voir quels sont les équivalents de phrases complètes peut les aider à mieux s’exprimer.

5. Quel type de documents à traduire proposez-vous ?
Je fais systématiquement traduire les chansons vues en classe à la demande des élèves qui veulent absolument comprendre le sens de tous les mots qu’ils vont prononcer en musique.



6. Faites-vous une différence entre version et traduction ? Si oui, laquelle ?
La version me semble plus littérale. La traduction, tout en respectant le texte en espagnol, tente de rendre au mieux le français le plus correct : ce qui s’écrit, ce qui se dit. En fait, je médite encore la question.

7. Comment réagissent vos élèves à ce genre d'exercices ?
Les élèves sont ravis de traduire un texte et même amusés. Ils savaient que cette année je suivais la formation du master pro, et plusieurs fois, ils m’ont mise au défit de traduire. J’entends encore : « Mais c’est pas français ça Madame ! ».



8. Sont-ils demandeurs ? Si oui, pourquoi ?
Les élèves sont très demandeurs. D’une part la traduction du texte étudié en classe permet de lever le doute sur les problèmes de sens. Les élèves sont beaucoup plus à l’aise vis-à-vis du texte et participent donc plus facilement. Il est vrai que la difficulté de la compréhension écrite est écartée mais l’échange oral est plus aisé. D’autre part, ils semblent s’amuser de l’exercice. Peut-être trouvent-ils une part de fierté dans le fait d’être capable de rendre un texte espagnol dans sa langue maternelle.



9. Pensez-vous que l'enseignement de l'espagnol, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui, favorise la traduction ?
Pas du tout. Lorsque j’étais à l’école, j’ai toujours entendu qu’il ne fallait surtout pas traduire pour apprendre une langue. Maintenant j’entends que pour enseigner, c’est la même histoire.

10. Et vous, êtes-vous tenté(e) par la traduction ?
Je persiste et je signe.

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