dimanche 4 juillet 2010

Parce qu'il paraît qu'Amélie ne pourrait pas vivre sans traduire…

Quelques lignes (sans grande complexité), pour elle, et pour ceux qui piaffent d'impatience de commencer [je précise que ce travail-là n'est pas obligatoire… un petit plaisir pour les volontaires ; la version de la semaine, la vraie, sera donnée mardi] :

No hay peor servidumbre que la esperanza de ser feliz. Dios nos promete un valle de lágrimas en la tierra. Pero ese sufrimiento es, al cabo, pasajero. La vida eterna es la eterna felicidad. Le respondemos, a Dios, rebeldes, in­satisfechos: ¿No merecemos una parcela de eternidad en nuestro paso por el tiempo? Las mañas de Dios son peo­res que las de un croupier en Las Vegas. Nos promete felicidad eterna y llanto en la tierra. Nosotros nos con­vencemos de que conocer la vida y vivirla bien es el supremo desafío a Dios en su valle de lágrimas. Si gana­mos el desafío, Dios, de todos modos, se venga de noso­tros: nos niega la inmortalidad a su vera, nos condena al dolor eterno. Nos atrevemos, contra toda lógica, a darle lógica a la Divinidad. Nos decimos: No pudo ser Dios el creador de la miseria y el sufrimiento, la crueldad y la barbarie humanas. En todo caso, esto no lo creó un buen Dios, sino el Dios malo, el Dios aparente, el Dios en­mascarado al cual sólo podemos vencer agotando las armas del mal que Él mismo creó. Sexo, crimen y sobre todo la imaginación del mal. ¿No son estas dádivas, tam­bién, de un Dios maligno? Así nos convencemos de que sólo asesinando al Dios usurpador, llegaremos, limpios de cuerpo, liberados de mente, a ver el rostro del Dios primero, el Buen Dios. Pero el Gran Croupier tiene otro as metido en su manga.

Carlos Fuentes, Diana o la cazadora solitaria

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Julie nous propose sa traduction :

Il n’est pas de pire servitude que l’espoir d’être heureux. Dieu nous promet une montagne de larmes sur la terre. Mais cette souffrance est, finalement, passagère. La vie éternelle est l’éternelle félicité. Nous lui répondons, à Dieu, rebelles, insatisfaits : Ne méritons-nous pas un soupçon d’éternité dans notre passage à travers le temps ? Les ruses de Dieu sont pires que celles d’un croupier de Las Vegas. Il nous promet un bonheur éternel et des pleurs sur la terre.
Nous nous convainquons que connaître la vie et bien la mener est le défi suprême à Dieu dans sa montagne de larmes. Si nous remportons le défi, Dieu, de toute façon, se venge de nous : il nous refuse l’immortalité à ses côtés, il nous condamne à la douleur éternelle. Nous osons, contre toute attente, donner du sens au Divin. Nous nous disons : Dieu n’a pas pu être le créateur de la misère et de la souffrance, de la cruauté et de la barbarie humaines. En tout cas, tout ceci n’a pas été créé par un bon Dieu, mais par le Dieu malveillant, le Dieu supposé, le Dieu masqué que nous pouvons uniquement vaincre en épuisant les armes du mal que Lui-même a créées. Sexe, crime et surtout l’imagination du mal. Ces dons ne sont-ils pas, eux aussi, ceux d’un Dieu malin ? Ainsi, nous nous persuadons qu’en nous contentant d’assassiner ce Dieu usurpateur, nous parviendrons, le corps purifié, l’esprit libéré, à voir le visage du Dieu originel, le Bon Dieu. Mais le Grand Croupier a plus d’un tour dans son sac.


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Coralie nous propose sa traduction :

Il n’y a pas pire servitude que l’espoir d’être heureux. Dieu nous promet une vallée de larmes sur terre. Mais, finalement, cette souffrance est passagère. La vie éternelle est éternel bonheur. À Dieu, nous lui répondons, rebelles, insatisfaits : Ne méritons-nous pas une parcelle d’éternité lors de notre passage dans le temps ? Les ruses de Dieu sont pires que celles d'un croupier à Las Vegas. Il nous promet bonheur éternel et pleurs sur la terre. Nous, nous sommes convaincus que connaître la vie et bien la vivre est le défi suprême lancé à Dieu dans sa vallée de larmes. Si nous gagnons le défi, Dieu, de toutes façons, se venge de nous : il nous refuse l’immortalité à ses côtés, il nous condamne à la douleur éternelle. Nous osons, contre toute logique, accorder une logique à la Divinité. Nous nous disons : Dieu n’a pas pu être le créateur de la misère et la souffrance, de la cruauté et la barbarie humaines. Dans tous les cas, ce n'est pas un bon Dieu qui a créé cela, mais le Dieu mauvais, le Dieu artificiel, le Dieu masqué que nous pouvons seulement vaincre en épuisant les armes du mal que lui même a créées. Le sexe, le crime et surtout l’imagination du mal. Ces dons ne sont-ils pas, eux aussi, ceux d’un Dieu malveillant ? Nous sommes ainsi convaincus que ce n'est qu'en assassinant ce Dieu usurpateur que nous parviendrons, le corps purifié, l'esprit libéré, à voir le visage du Dieu premier, le Bon Dieu. Mais le Grand Croupier cache un autre atout dans sa manche.

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Sylvie nous propose sa traduction :

Il n’est pire servitude que l’espoir d’être heureux. Dieu nous promet une vallée de larmes sur terre. Mais cette souffrance est, somme toute, passagère. La vie éternelle est éternelle joie. Rebelles, insatisfaits, nous répondons à Dieu : ne méritons-nous pas une once d’éternité dans notre passage au travers du temps ? Les vices de Dieu sont pires que ceux d’un croupier à Las Vegas. Il nous promet bonheur éternel et pleurs sur terre. Nous nous persuadons que connaître la vie et la mener correctement est le défi suprême lancé à Dieu dans sa vallée de larmes. Si nous gagnons le défi, Dieu, de toute façon, se venge de nous : il nous refuse l’immortalité à ses cotés, il nous condamne à la douleur éternelle. Nous nous risquons, en dépit du bon sens, à rationnaliser le Divin. Nous nous disons : Dieu ne saurait être le créateur de la misère et de la souffrance, de la cruauté et de la barbarie humaines. En tout cas, ce ne saurait être l’œuvre d’un Dieu de bonté, mais d’un Dieu malfaisant, le prétendu Dieu, le Dieu masqué que nous ne pouvons vaincre qu’en désamorçant les armes du mal qu’il a Lui-même crées. Sexe, crime et surtout, l’imagerie du mal. Ces présents ne sont-ils pas, également, l’œuvre d’un Dieu maléfique ? Par conséquent, nous nous persuadons que ce n’est qu’en assassinant le Dieu usurpateur que nous parviendrons, le corps purifié et l’esprit libre, à voir le visage du Dieu originel, le Dieu de bonté. Mais le grand croupier n’a pas encore abattu toutes ses cartes.

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Stéphanie nous propose sa traduction :

Il n'est pire servitude que l'espoir d'être heureux. Dieu nous promet une vallée de larmes ici-bas. Mais cette souffrance n'est, finalement, qu'éphémère. La vie éternelle est l'éternel bonheur. Rebelles, insatisfaits, nous répondons à Dieu : Ne méritons-nous pas une fraction d'éternité lors de notre passage à travers le temps ? Les perfidies de Dieu sont pires que celles d'un croupier à Las Vegas. Il nous promet bonheur éternel et effusion de larmes ici-bas. Nous nous persuadons que connaître la vie et la vivre pleinement est le défi suprême adressé à Dieu dans sa vallée de larmes. Si nous remportons le défi, Dieu, quoiqu'il en soit, se venge de nous : il nous refuse l'immortalité à ses côtés, il nous condamne à la douleur éternelle. Nous osons, contre toute logique, accorder une logique à la Divinité. Nous pensons : Dieu n'a pu être le créateur de la misère et de la souffrance, de la cruauté et de la barbarie humaines. Dans tous les cas, ça, ce n'est pas un Dieu bienfaisant qui l'a crée mais le Dieu malveillant, le Dieu prétendu, le Dieu travesti que nous ne pouvons vaincre qu'en épuisant les armes du mal qu'il a lui-même crée. Sexe, crime et surtout l'imagination du mal. Ces présents ne proviennent-ils pas, eux aussi, d'un Dieu pernicieux? Ainsi nous nous persuadons qu'en assassinant le Dieu usurpateur, nous parviendrons, sains de corps et l'esprit libéré, à voir le visage du Dieu originel, le Bon Dieu. Mais le Grand Croupier n'a pas abattu toutes ses cartes.

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