vendredi 21 janvier 2011

Aline Schulman à la Librairie Mollat

En photo : Aline Schulman (à gauche) et Ghislaine Fournès (à droite)










Comme annoncé, nous avions hier l'agréable présence d'Aline Schulman sur nos terres bordelaises (interviewée par Ghislaine Fournès, Professeur à l'Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3). Elle était venue présenter sa traduction du Buscón, de Quevedo… et en réalité, parler de cela et de bien d'autres choses encore. Car il s'agit là d'une femme généreuse au moment de se raconter dans son travail sur le texte, sur les auteurs… sur leur transmission. Où l'on apprend comment on résoud des problèmes ponctuels qui vous poursuivent pendant des semaines et parfois même des mois, comment on tisse des liens d'amitié, d'amour, voire de haine avec celui à qui l'on apprend à s'exprimer dans notre langue, avec parfois le recul de plusieurs siècles. Pas si simple de faire entendre sa voix quand la poussière et parfois la crasse se sont accumulées, jusqu'à la défiguration. Il y aurait même, si l'on en croit ce que nous avons entendu, moyen de régler quelques petits comptes au détour d'une phrase… Paf, une tournure bien sentie et les déséquilibres se trouvent soudain rétablis. Une minuscule histoire de "fumée", le choix d'un verbe, qui n'ont l'air de rien et qui, pourtant, contiennent un univers de compassion et le devoir de rendre justice, d'assurer le continuum de la mémoire. Un anachronisme, opposera-t-on ? Elle vous répliquera que l'éthique est atemporelle. Mais on ne solde pas tous les comptes, car, à l'évidence, on ne peut s'offusquer sans cesse et il y a des désapprobations qu'on laisse traîner derrière soi, pour le prochain re-traducteur sans doute, celui qui vous « dévorera » comme vous avez dévoré le précédent. Impiotyable chaîne alimentaire qui semble malgré tout porter l'espoir qu'on aille vers du mieux en mieux, avec les petites conquêtes des uns et des autres et en dépit des reculs que font subir certains, les mauvais… Vous avez donc compris le message, mes chers apprentis traducteurs : de la passion et de la gloutonnerie ! Devenez des ogres, en somme !!!!

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