lundi 13 mai 2013

Entretien avec un auteur traduit (Dominique Marny) – par Justine Ladaique


Je remercie chaleureusement Dominique Marny d'avoir accepté de répondre à mes questions.


1) Justine Ladaique. Comment êtes-vous venue à l'écriture ?
Dominique Marny. J'ai aimé la lecture enfant et, à douze ans, je lisais en cachette des livres pour adultes (en particulier Françoise Sagan qui était très en vogue au début des années 60). Je n'avais pas l'idée d'écrire à ce moment là ; je n'avais pas non plus de journal intime. En grandissant, la littérature a continué de me passionner. Après la naissance de ma fille,  je suis passée à l'acte et j'ai écrit mon premier roman. Il fallait une bonne dose d'inconscience pour se lancer. En tous les cas, je sentais que je n'avais pas le choix. Il fallait que je raconte l'histoire qui me tenait à coeur. J'ai eu de la chance. Il a été rapidement publié, il s'agit de Crystal Palace, en 1985. Il a été réédité en 2012, avec mes modifications. L'oeil est différent et la façon d'écrire change aussi avec les années.

2) J. L. Certains de vos romans sont traduits, l'avez-vous demandé ou vous l'a t-on proposé ?
D. M. Dans les maisons d'édition, il y a un service spécialisé dans les cessions de droits. Ces personnes s'occupent de faire connaître nos publications à l'étranger. Il y a la foire de Francfort où l'édition mondiale se retrouve chaque automne et propose les livres de l'année.

3) J. L. Quand et comment cette aventure a-t-elle débutée ?
D. M. Mon premier éditeur étranger a été japonais : Kodanscha (qui pourrait correspondre à Gallimard). Ce n'était pas pour un roman, mais pour une biographie de Jean Cocteau qui était mon grand-oncle. Cette toute première fois (1995), c'est le traducteur des oeuvres de Cocteau en japonais qui est venu me voir. Il n'y a pas eu d'intermédiaire.

4) J. L. Pensez -vous que vos rapports au voyage, qui est souvent partie intégrante de vos romans, a-t-il influencé ou acceléré la traduction de certains de vos ouvrages ?
D. M. Je pense effectivement que les destinations lointaines ont été prisées au début des années 2000. Les lecteurs avaient besoin d'évasion et de lointain. Je me suis amusée à les faire voyager dans des époques différentes. Cela a peut-être compté.

5) J. L. Selon vous, quels sont les critères de choix qui font que certains de vos romans sont traduits 
D. M. Les romans qui se passaient en Inde, Egypte ou Maroc ont été choisis en priorité. Ainsi que ceux qui se déroulaient dans le sud de la France. Les lecteurs étrangers aiment ces destinations.

6) J. L. Souhaitez-vous un droit de regard sur les traductions de vos ouvrages ?
D. M. Non. Je suis incapable de comprendre le japonais, l'allemand, le portugais, le coréen ou le russe. Je fais confiance aux maisons d'éditions étrangères. Des amis m'ont dit que ce qu'ils avaient lu était bien…

7) J. L. Lisez-vous autant en français qu'en version originale ?
D. M. Je lis l'anglais et l'espagnol.

8) J. L. Vous arrive-t-il d'être sollicitée par un traducteur qui vous traduit ?
D. M. Oui. Le Japonais dont je vous ai parlé plus haut.

9) J. L. Rencontrez-vous parfois vos lecteurs étrangers ?
D. M. Cela m'arrive. En Allemagne, surtout. Il m'est arrivé de découvrir mes livres dans des librairies ou bibliothèques étrangères et cela ne m'a pas laissé de marbre. J'étais contente que mes histoires voyagent.

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